La physique des „enfants des fleurs”

La physique des „enfants des fleurs”


Dans le futur prochain, nos données personelles les plus précieuses, du compte bancaire à la carte de crédit seront peut-être finalement à l’abri des hackers. Si cela arriva, ce sera une des applications de la criptographie quantique.


Cette technologie, selon l’astronome John Gribbin de l’Université de Sussex, consentira le télé-transport des particules qui seront à la base d’une nouvelle génération de „quantum computers”: leur puissance sera telle que nos pc actuels sembleront des jouets.
La théorie quantique attire des milliers de chercheurs dans le monde entier. Elle reçoit des financements de milliards de dollars des grandes universités et fondations scientifiques, et non seulement là.
Mais il y a une quarantaine d’années les études en physique étaient marquées d’une crise profonde: la guerre au Vietnam concentrait les fond du Pentagone, le conflit a poussé Washington de envoyer au front mêmes des étudiants universitaires; les campus américains étaient paralysés par la contestation pacifiste; une grave crise économique provoqué par le shock pétrolier a tari les dépenses pour la recherche.
A relancer les études en physique quantique étaient les hippies californiens: Un groupe de jeunes chercheurs réunissaient à l’université de Berkeley pour „se libérer du conformisme académique et pour s’aventurer dans l’exploration du côté sauvage de la science”. Il fondèrent un club esotérique, le Fundamental Fysiks Group, dont les méthodes étaient plutôt hétérodoxes. Ils se réunissaient comme des conjurés dans des centres zen sur les plages californiennes. Ils passaient des heures avec l’hydromassage, ils fumaient la marijuana et il y en avait qui expérimentait le LSD. Ils étaient passionés des religions orientales et de la transmission de la pensée. Leur histoire est reconstruite par David Kaiser du Massachusetts Institute of Technology (Mit) dans l’ouvrage Comment les hippies sauvaient-ils la physique. Sous-titre: Science, contre-culture, et le revival des quantum. Kaiser, lycéen à cette époque, avoue d’avoir admiré les œuvres de ces jeunes savants: pour lui ce fut la naissance d’une vocation.
Les personnages de cette épopée sont pittoresques: Fred Alan Wolf est décrit comme „un acteur de vaudeville de la New Age”, disciple du guru psychedelique Timothy Leary, convaincu de pouvoir arriver à des pouvoirs paranormaux de communication extrasensorielle. Jack Scarfatti a reçu ses investisseurs dans une petite salle privée au Caffé Trieste, dans le quartier italien North Beach de San Francisco.  Fritjof Capra devint le plus célèbre en 1975 grâce à son best-seller classique le Tao de la physique. Gary Zukav a eu aussi grand succès avec Les maîtres dansants Wu Li. Une fois par an, le groupe se réunissait sur la côte de Big Sur, près de l’'Esalen Institute, avec des séances de yoga, leçons de buddhisme, et happenings collectifs d’auto-conscience. Ils étaient 100% „enfants des fleurs”, représentants typiques d’une époque quand la Californie était atteinte du courant de New Age, quand les jeunes allaient à vivre en campagne dans des communautés égalitaires et environnementaliste, ils faisaient l’amour, pas la guerre, ils écoutaient Jimi Hendrix et Janis Joplin, les Grateful Dead et Jefferson Airplane.
Le phénomène des savants hippy ne passait pas inobservé. Francis Ford Coppola avec de l’argent gagné avec Le Parrain et avec la production de American Graffiti s’achètait la revue City of San Francisco.  Un des premiers numeros sous sa direction fut dédié aux „nouveaux physiciens qui travaillent avec la télépathie, et se plongent dans le subconscient pour expérimenter la mobilité psychique”. De la lecture de la pensée à la réincarnation, de la communication avec les extra-terrestres au mysticisme hindou, la confusion des genres était totale. Quand même, explique Kaiser, „ce groupe d’outsiders réussit de faire revivre la flamme de la science”. Parce que derrière l’apparence hippy ils étaient „des vrais savants, avec des solides bases de préparation, méthodes anticonformistes mais rigoureuses”. Du reste il y avait une subtile continuité entre eux les pionniers de la mechanique quantique, Albert Einstein, Niels Bohr, Werner Heisenberg, Wolfgang Pauli, Erwin Schroedinger. Eux aussi, ils étaient tout autre que des savant „secs”, ils adoraient discuter de la philosophie, de la politiques. Même les „pères”, comme le montre le pacifisme d’Einstein, ont suivi des chemins anticonformistes et contestateurs. Un des leurs livres-phares, Quantum Reality de Nick Herbert est encore aujourd’hui un manuel dans les facultes de physique américaines.
Au dessous du surface „sex and drugs and rock and roll”, Kaiser mentionne deux contributions décisive de l’hérédité révolutionnaira du groupe. Les membres du Fundamental Fysiks Group ont pensé qu’ils pourraient transmettre des signaux à une vitesse supérieur à la lumière. Un objectif impossible à la base de la théorie de la relativité d’Einstein. La recherche sur les „signaux superluminaux” fut contesté par les autres physiciens, mais ils étaient contraints de prouver l’erreur, en approfondissant les connaissances sur les quantum. deux physiciens hippy, Herbert et John Clauser, firent des expériments sur le théorème de Bell, selon lequel deux particules subatomiques, une fois entrées en contact, restent liées mais après avoir été éloignées. De ce principe ils arrivaient à la possibilité de crypter les messages pour rendre impossible l’interception.  De ce processus on arriva au développement de la cryptographie quantique, dont les applications potentielles commencent à être compris seulement de de nos jours.
L’autre hérédité des physiciens hippy était plus important en longues termes. Grâce â des livres comme Espace-Temps et Le Tao de la Physique, une jeune génération fut attirée par les études de la physcique nucléaire et cette orientation n’était plus liée aux stratégies militaires de la Guerre Froide. Dans les campus des académies scientifiques se sont multipliés les cours comme The Zen of Physics. Ce fut le début d’un grand boom des inscriptions à ces facultés. Si Bill Gates et Steve Jobs ont rendu sexy l’informatique dans les années 80, pendant la décennie précédente les jeunes savants aux cultes de LSD et de la New Age ont réussi de rendre cool une des sciences plus complexes et plus raffinées.

29 March, 2012