Curanderos, guérisseurs foudroyés

Curanderos, guérisseurs foudroyés

Au Méxique il existe depuis des siècles un personnage appelé curandero. Il est un guérisseur qui opère par la médicine traditionelle, fruit de l’expérience et des traditions antiques pre- et post-hispaniques, transmises de père à fils.


Aujourd’hui le personnage du curandero est moins en moins répandu, il reste peu d’un certain âge, qui travaillent encore, et les jeunes appelés à continuer le „métier” du curandero, préfèrent de mener leur propre vie sans les cassements de tête et les responsabilités de cette activité, par ailleurs menée gratuitement. 
Il y a deux types de curanderos: le curandero classique et le granicero, celui qui a été choisi par le foudre. Une personne foudroyée, qui a survécu et a acquis des pouvoirs particuliers qui font de luiun véritable manipulateur du temps, renforcé par des êtres spirituels, „les travailleurs du temps” (trabajadores del tiempo), avec qui il est en contact après cette expérience électrifiante et dramatique.
Le docteur italien Maurizio Romanò qui a étudié pendant de longues années ce phenomène au Mexique, a publié un livre „Dans les cieux du Méxique – esprits, foudres et chamans”.
Les curanderos sont en possession d’une science ancestrale et l’efficacité des leurs pratiques est reconnue par le jugement populaire. Indio ou métis, le curandero fait usage de sources diverses, la prédominante est l’ancienne science des peuples préhispaniens, mais el ne rejette pas la magie et la science occidentale introduite au Méxique par la conquête espagnole.
Les curanderos souvent se regroupent dans des organisations, églises, confrèreries, associations, avec un nom identifiant. Dans les villages où des institutions structurées n’existent pas, le curandero est individualisé par le nom de sa compétence. On rencontre ainsi des Curanderos Espiristas, qui pratiquent des rites de médiumnité et réalisent des intervention thérapeutiques spirituels; des Yerberos, qui guérissent par les herbes; des Hueseros, qui recomposent les fractures; des Parteras, les sages-femmes traditionelles; des Brujos, qui s’occupent de la sorcellerie et ainsi de suite.
Chaque curandero a son propre savoir medical, qui peut être empirique, comme c’est le cas des yerberos, des hueseros et des parteras, ou magique comme pour les espiritistas e les brujos, mais souvent tous les deux niveaux sont présents.
Dans la société aztèque, la maladie était considéré comme une intervention de la divinité, ou une réaction normale des forces surnaturelles au comportement humain. Le médecin, appelé ticitl, était avant tout un mage qui interprêtait la maladie comme un signe envoyé des forces surnaturelles et son intervention se présentait comme une synthèse insoluble de religion, magie et empirisme. Hommes et femmes étaient considérés également aptes pour l’activité médicale, mais les pour les premiers l’activité pouvait commencer avec l’âge adulte, pour les femmes la plenitude de la capacité arrivait avec la ménopause.
Les connaissances médicales étaient transmises directement des anciens aux jeunes apprentis, souvent appartenant à la même famille. Beaucoup plus importante était la détermination des signes surnaturels qui indiquaient la prédestination du futur médecin. Comme le guérisseur aztèque était considéré comme un médiateur avec les énergies omnipotentes de l’univers, avec le début de l’apprentissange du jeune, les vieux guérisseurs examinaient les indices surnaturels, qu’il l’ont indiqué d’être un choisi des dieux.   Le signe de la naissance, la formation d’une partie du corps hors de la norme, un évènement extraordinaire dans la vie du jeune pouvaient être interprêtés comme signaux de l’appel des divinités.
Comme il est bien connu, dans l’Europe du 16. siècles, l’activité thérapeutique, au-delàdes quelques médecins de formation académique, par d’autres personnes qui ont appris quelques technique curatives. Par exemple les extractions dentaires, quelques opérations chirurgiques rudimentaires était faites par des barbiers. Les médicaments les plus utilisés étaient en Europe aussi les plantes medicinales, prescrites par les herboristes liés à la tradition paysanne, qui se prodiguaient souvent dans les cures des maux provoqués par des fractures, de mauvais œil, envie et d’autres causes de type magique.
Cette médecine populaire, dans laquelle les procédés scientifiques et empiriques se mélangaient avec les prières et exorcismes, présentait de nombreuses ressemblances avec la tradition indigène et se répandait facilement dans le pays.
D’une part les médecins de formation scientifiques ont dédaigné la médicine traditionnelle come antique et superstitieuse, mais d’autre part ils s’en servaient aux cas où la science n’a par réussi, et ils ont même suggéré à leurs propres patients de consulter leurs curanderos de confiance. En plus dans beaucoup de communautés indigès isolées, où la présence du Service Sanitaire Nationale était insuffisante, les curanderos ont toujours eu une fonction très importante.
Il y a très peu de graniceros aujourd’hui. Peu de jeunes d’adonnent à ce culte. Maintenant un foudrayé est transporté à l’hôpital.
Les graniceros sont organisés en corporations, chacune avec une référence à son lieu saint, une grotte appelée templo (temple). Ils se distinguent des autres guérisseurs par être choisis „desde Arriba”, de là-haut. Seuls les survivants de coups de foudre qui ont obtenu des révélations particulières de type spirituel et des pouvoirs magiques, sont appelés a faire partie de l’institution. Un refus du prédestiné le condamnerait à souffrir jusqu’à la mort des conséquences douloureuses de la foudre.
Les graniceros affirment d’avoir entrepris ce chemin non pas de leur initiative mas comme la conséquence de l’appel des esprits. Ces esprits sont les „trabajadores temporaleños, qui se présentent àtravers la foudre. Etre foudroyé signifie être élu; le survivant devra collaborer avec ces forces en opérant dans le monde des humains, et après sa mort, continuera sa propre activité parmi les esprits du temps.

20 February, 2012