L’ocytocine, de l’amour à la peur, l’hormone des émotions fortes

L’ocytocine, de l’amour à la peur, l’hormone des émotions fortes

L'ocytocine, une hormone de toutes les émotions humaines ? De l’amour à la peur, l’ocytocine serait bien impliquée, aussi dans le développement de l‘anxiété dans certaines situations, selon cette étude américano-japonaise, présentée dans la revue Nature Neuroscience.

Des conclusions qui pourraient expliquer comment l’hormone de l'amour intensifie aussi les mauvais souvenirs et pourquoi, finalement, l’amour fait parfois souffrir.

L’ocytocine, connue sous le nom d’hormone de l'amour et de la confiance, reconnue comme traitement d’appoint dans certains troubles du spectre autistique ou de la communication sociale,  semble ici impliquée dans le mécanisme de rappel de mauvais souvenirs et jusqu’à l’anxiété.

Cette étude exploratoire menée sur des souris qui ont passé des tests comportementaux et biologiques, révèle de nouvelles fonctions de l’ocytocine et améliore nos connaissances sur son rôle possible, aussi chez les humains.

Des chercheurs d’universités américaines et japonaises, ont étudié la relation entre des différences de signalisation de l'ocytocine dans une région du cerveau, le septum latéral, impliquée dans le stress et la peur, et la peur chez la souris. Ces chercheurs ont développé deux groupes de modèles de souris, un groupe avec des niveaux élevés du récepteur de l'ocytocine, l'autre groupe avec de faibles niveaux du récepteur dans la même zone. Les souris ont subi ensuite différents tests pour voir comment les niveaux d'ocytocine pouvaient influencer la peur.

Plus d’ocytocine, plus de peur : Les chercheurs, concluent, après ces différents tests, que les souris à faibles niveaux d'ocytocine ont, en situation de stress, moins peur que les souris normales.

La peur peut être réduite par l'inhibition de l’ocytocine, ce qui confirme l’effet de l'ocytocine dans la peur liée au stress.

Enfin, les souris avec des niveaux élevés d'ocytocine s’approchent moins des souris agressives en raison, expliquent les auteurs, d’une meilleure mémoire de long terme des précédentes interactions lors des tests. Ces souris avec des niveaux élevés d'ocytocine ont donc plus peur des souris agressives lors de leur seconde rencontre.

En revanche, les souris à faible niveau d'ocytocine approchent plus souvent les souris agressives, ce qui suggère une mémoire sociale et une peur moins développées.

Cette recherche, chez la souris, montre ainsi que l'ocytocine peut améliorer la mémoire des événements socialement stressants, capables d’engendrer la peur, lorsqu’ils sont vécus à nouveau. Toutefois, ses résultats restent à valider sur l’Homme.

01 August, 2013