Timides au pouvoir!

Timides au pouvoir!

L’être extroverti et sociable, selon tous les études des dernières années, est la panacée de la santé, de la longuevité et du succès dans l’amour et dans les affaires. Mais l’hebdomadaire américain de marque Time défie ce lieu commun consolidé avec son reportage de première page, "Le pouvoir de la timidité."


„Même si la notre culture tend depuis toujours à remunerer les individus sociablet et espansifs – écrit Bryan Walsh sur Time – la timidité offre de formidables bénéfices cachés au lieu de travail, dans les relations personelles et dans la société en générale.”
Selon cette théorie, les introvertis – le 30% environ de la population – ont peu d’amis, mais les relations tendent à être plus profondes et utiles. Non seulement: „l’être de nature plus prudent et attentif les pousse à des décisions plus sages et raisonnées – théorise le Time – et surtout „à écouter avec plus d’attention son prochain: une qualité essentielle pour un bon business leader”.
Plus de 40% des managers actuels américains rentreraient dans cette catégorie. Il suffit de penser à Warren Buffet, Bill Gates, Charles Schwab et le chef du Google Larry Page.
Leur plus grande vertu? „Savoir attirer des individus indépendents et créatifs” – explique Adam Grant, professeur de psychologie au Wharton Business School. Selon lui, „les leaders extrovertis au contraire s’entourent de collaborateurs obédiants et serviles”. Cela pourrait être fatal pour une entreprise „for profit” centrée sur l’innovation et la méritocratie.
Derrière les deux grands désastres politiques des dernières années – le Sexgate et la guerre en Irak – l’hebodmadaire individue la témérité, à la limite l’arrogance des deux leaders comme Bill Clinton et George W. Bush qui ont miné leur présidence avec leur comportement insolent, typique des extrovertis.
Même la crise du Wall Street de 2008-2009 serait leur faute. Et si le monde a risqué la troisième guerre mondiale pendant la crise de la Baie des Cochons, il peut remercier JFK, „un extroverti suprême”, au contraire du président Barack Obama, qui, s’il sera reélu, il le sera certainement grâce à caractère né de „père de famille réservé, allergique aux fêtes de la capitale.”
Il ne s’agit pas d’un pseudo-problème: „La notre tendence d’être extrovertis ou introvertis est une part cruciale de notre identité, comme le sexe – affirme Susan Cain dans Quiet: The Power of Introverts in a World that Can’t Stop Talking.” Le livre se déchaine contre une Amérique „terre des hurleurs et patrie des bavards” où tout, des écoles aux lieux de travail, des journeaux à la télé, privilégie celui qui hurle plus fort.
Et si le problème n’est certes seulement américain, le futur pourrait appartenir aux timides. „Les gens solitaires et visionaires, peu de paroles, beaucou d’actes – écrit Time – dans un monde toujours plus compétitif et rapide, sont les leaders du futur.”
E se il problema non è certo solo americano, il futuro potrebbe appartenere ai timidi. «I geni solitari e visionari, poche parole e molti fatti» - scrive Time -: «in un mondo sempre più competitivo e veloce sono loro i leader del futuro».

09 February, 2012