Green Gold Bank VI. - Intaglio

Green Gold Bank VI. - Intaglio

Mr. Smith n’avait pas beaucoup de bons amis, ce qui est naturel dans les affaires, mais mêmes ses ennemis reconnaissaient qu’il se connait trés bien en argent.

Son amour de jeunesse pour les billets n’était pas unilatéral. Avant de devenir banquier, il fit une belle carrière á l’atelier monétaire de l’État, où il connut á fond toutes les banknotes en circulation avec toutes les pratiques de production. Il savait bien, que plusieurs des techniques pratiquées contre la falsification des billets de banque constituent un tel monopole qu’elles ne sont pas á la portée de tous. La vente des appareils de ces techniques était strictement controlée par l’état, ainsi il aurait été une entreprise presque impossible de se procurer une machine appropriée á une contre-façon de qualité.

On ne pouvait pas empêcher les contrefactions organisées en secret á l’étranger, au niveau de l’état, mais cela comptait déjá presque pour un phénomène accepté, á fois utile non seulement pour les manipulations boursières, mais aussi comme arme diplomatique.

L’attention de Mr. Smith pour le nouveau jeu de son petit-fils  était attirée non seulement par l’élaboration raffinée des billets, mais par une chose trés étrange qui l’inquietait.

Le téléphone sonna. Howard, qui était l’obligé de Mr. Smith, répondait, comme toujours á l’appel.

- Howard, il y a quelque chose pour vous. Je vous prie de venir dans mon bureau demain matin de bonne heure.
- Oui, Monsieur, je serai chez vous á 8 heures – répondit Howard, dévoué.

Howard Lamb et Albert Smith ont fait connaissance dans l’armée. Albert devançait toujours tout le monde, même dans l’armée oú Howard était  simple soldat, tandis qu’Albert était commandant. Howard était calme, dévoué, serviable, il aurait pu devenir un homme gris, ennuyeux, servile s’il n’avait été doué d’une intelligence particulière et une faculté d’observation extraordinaire, dont il faisait bon usage plus tard dans sa profession. Aprés la guerre Howard ne trouvait pas de travail adéquat, et au bout de son désespoir il  demanda de l’aide á Albert. Cela tombait bien pour Albert. Il était mieux de donner un emploi á un ancien camarade servile bien connu á la banque, que de mettre un inconnu dans une position de confiance. Howard a bien mérité la confiance d’Albert, és il était toujours au service de son patron comme secrétaire personnel. Dans leur rapport officiel Albert faisait toujours sentir sa supériorité comme dans l’armée en prenant ses distances. Il ne pouvait  être question d’amitié, mais la symbiose ideale marchait és on pouvait toujours compter sur Howard. Ou preque toujours. Howard avait une habitude bizarre qui parfois énervait Albert. Tous les vendredis aprés les 7 heures du soir Howard devenait inaccessible. Cela généralement n’aurait  causé aucun problème, si les exigences incalculables d’Albert ne surgissaient pas  juste vendredi soir.
Albert notait plusieurs fois, qu’il désirait compter toujours sur Howard auquel il donnait une bonne salaire, mais sur ce point il ne pouvaient pas se mettre d’accord en près de 15 ans. Comme Howard était de tous les autres points de vue un employé idéal, le temps passant Albert accepta ce petit „défaut”. Le fossé social entre eux ne permettait pas et rendait inutile de se connaître mieux, ainsi Albert ne demandait pas qu’est-ce que Howard faisait les vendredis soirs, et le secrétaire ne l’avouait pas. Albert était surtout ravi par le savoir de Howard qu’il acquerissait grâce á son seul passe-temps, la lecture.
Howard frappa á 8 heures pile á la porte du bureau de Mr. Smith.
- Entrez, Howard, asseyez-vous, une minute et je suis á vous – entendit la voix de Mr. Smith de sa bibliothéque.
Albert était debout dans sa bibliothèque en fixant un regard trés attentif sur les pages d’un livre ancien. Il laissa le livre ouvert, avec les pages contre la table et rentra dans son bureau.

- Vous devez vite vous renseigner sur quelque chose! – commença-t-il tout excité avec l’essentiel – Voyez-vous ce bout de papier?
Howard prit le papier de la main d’Albert, et répondit blasé: - Billet de jeu, Monsieur.
- Caressez-le avec les doigts sur le coin supérieur, á droite – ordonna Albert un peu agacé.

- Oui, je le sens, Monsieur. C’est probablement une imprimature intaglo. Mais pourquoi imprimer sur un billet de jeu avec une technique si chère? – posa la question superflue Howard et comme il souleva la tête du papier et regarda le visage de son chef, il comprit la raison de l’urgence et son devoir aussi.
- Je pense de comprendre, Monsieur. Je vais me renseigner – répondit d’un air résolu á la réponse muette d’Albert.

(á suivre)

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03 August, 2013