Green Gold Bank IX - Le cadre vide

Green Gold Bank IX - Le cadre vide

Leo arriva de justesse au rendez-vous. Mr. Rosenkreutz l’attendait déjà au guichet du musée.

– J’étais sûr que c’est vous. – Pourquoi? Je ne vous ai pas donné de signe distinctif au téléphone – s’étonna Leo – Vous correspondez exactement à ce que j’imaginais: un jeune homme d’aisance moyenne, toujours pressé. – Pourquoi pensez-vous, que je suis toujours pressé? – Je le vois sur votre visage, dans vos pupilles. Comme si vous voudriez attraper tout l’univers. Vous n’êtes qu’au début d’une affaire mais dans vos pensées vous êtes déjà en avant à des années-lumières.
- Vous faites le physiognomiste comme second emploi ?
-
- Non – je suis seulement vieux et j’ai déjá rencontré beaucoup  d’hommes. Et vous vous êtes trahi par l’oubli de donner des signes distinctifs. De nos jours les hommes de cette cathégorie sont nombreux. Peu finissent leur trajet. Mais votre cas n’est pas sans espoir – souria le calcographe.
-
- C’est écrit aussi sur mon visage?
-
- Vous arriverez. Vous devez arriver.
-
- Vous êtes donc devin aussi…
-
- Votre devoir est d’arriver au but. Mais il vous faut beaucoup de patience et fermeté. Nous commençons tout de suite le jeu de patience ici.
Leo n’avait jamais vu tant de billets de banque extraordinaires, multicolores qui lui apparaissaient dans la branche nord brillamment éclairée du musée de l’histoire de l’imprimerie. Le vieux maître  jouissait non seulement de l’occasion d’afficher son savoir à un débutant, mais il se sentait visiblement à l’aise parmi les billets de banque des siècles passés. Et Leo appréciait le savoir, la richesse intellectuelle plus que toute fortune.
- Bien qu’en Chine on faisait usage de l’argent en papier déjà au 7. siécle, au temps de la dynastie de Tang, en Europe on devait attendre mille ans pour que le billet de banque fût accepté comme moyen de payement dans un pays. Le premier établissement financier ayant droit d’imprimer des billets de banque, le Stockholm Banco, a été fondé en 1657 par Johan Palmstruch commerçant néerlandais né á Riga. le roi de Suède Charles Gustave X lui a assigné le droit de fonder l’établissement á condition de verser la moitié du profit de la banque á la Couronne – commença l’histoire Rosenkreutz.
-
- Il était bien malin, sa Majesté. Quiconque a une idée, le Trésor l’accapare – nota Leo.
-
- L’innovation de Palmstruch était de financer des prêts des économies déposées á sa banque. Mais comme les dépôts étaient généralement de courte, les prêts de longue échéance, il resolvait le problème en imprimant des „papiers de crédit” (en suédois kreditivsedlar), qui pouvaient être changés á tout moment contre des monnaies en métal, au valeur de 10, 25, 50 et 100 riksdaler.  Son succés était dû aussi au fait, que les monnaies en cuivre en circulation dans le pays depuis 1604 était les plus lourdes monnaies d’Europe, certaines pièces pesaient même 20 kilos.

- Alors difficilement pouvait-on les mettre en poche. Voilá, où peut-elle mener, la commodité humaine – dit Leo dans sa barbe.

- Ce fut la perte de Palmstruch: il imprimait de plus en plus de monnaie de papier sans provision, qui conduisait en 1668 á la fallite de Stockholms Banco – continua le calcographe impassiblement – Accusé de malversation, il fut appelé en justice, et condanné à perpetuité. Palmstruck mourut en 1671. Sa banque fut integré dans Riksens Ständers Bank, l’ancêtre de la future banque nationale centrale suédoise, qui était dirigé par le parlement, mais à cause de la faillite de Stockholms Banco on  n’émit pas de nouveaux billets de banque dans le pays jusqu’á 1755.
-
- Mais alors rien n’est changé dans le monde! L’état faisant  ses foins, pendant que la dette ne faisait que d’augmenter á cause des crédits non remboursés, et á la fin celui avait eu l’idée initiale, qui fût déconflit.  Et les hommes pouvaient courir aprés leur argent – s’exclama Leo.
-
- Jeune homme, n’avez-vous pas encore compris, que l’histoire se répète perpétuellement, seuls les noms changent? – souria malicieusement Rosenkreutz – pourquoi serait-il autrement dans le monde de l’argent?

Terminé l’histoire éducative suédoise,  le maître avait en avait d’autres dans la poche. La résolution du problème important pour Leo paraissait être trés loin, quand Rosenkreutz commença l’histoire des billets de banque de l’Empire des Habsbourgs.
Quand Mr. Rosenkreutz commença le conte sur les Habsbourgs, Leo se souvint  que son arrière-grand-père émigra de cette empire au début du 20. siécle. Il n’exclut pas qu’il aurait pu avoir quelques connections avec les affaires d’argent de là-bas.
L’histoire commença de trés loin et s’épanouissait très lentement.
Pour Leo était d’abord le sens des paroles de Rosenkreutz qui cessa, puis il lui semblait que son voix s’éloignait, bien qu’il fùt près de lui, á un mètre de distance. D’un œil il observait son interlocuteur, mais de l’autre œil il scrutait les murs, absorbait les dessins de certains billets, il cherchait et trouvait dans eux des formes bizarres qui allumèrent son imagination. C’était sa méthode en son enfance quand il n’était pas sage et il était contraint d’écouter toute la litanie de ses parents. Il trouvait son jeu-refuge dans les tâches du plafond ou dans les dessins de la tapisserie. Il lui fut un peu difficile de revenir à Rosenkreutz, qui était déjà à l’histoire d’Österreichische National Zettelbank fondé en 1816 et il partit vers un des coins de la salle.
Le calcographe s’arrêta soudain les yeux collés sur le mur. Il retourna son regard vers Leo, puis il regarda encore le mur. Il se tut.
Sur le mur un cadre vide baillait.
Il manquait non seulement le banknote exposé, mais même son nom et sa brève documentation incluse bref d’à côté sont disparus. Cependant la couleur des parts du mur devenu vide ne se distinguait pas.
Comme s’l n’y avait jamais rien eu…
Leo attendait quelques explications de Rosenkreutz, ou au moins quelques renseignements sur l’object manquant. Mais le calcographe resta muet.
Enfin, Leo decida de lui demander, mais Rosenkreutz le devança.
- On continue d’ici. Appelez-moi et nous fixerons le prochain rendez-vous.
Le calcographe furieux partit dare-dare. Leo le regarda médusé.


Copyright © Kautéla Zrt. 2011. All rights reserved

24 August, 2013